Suivi mensuel de la santé mentale des cadets durant le programme de formation
Selon les études actuelles, les cadets de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui entrent au programme de formation des cadets (PFC) semblent présenter un état de santé mentale comparable, voire supérieur, à celui de la population générale. Avant leur déploiement (c’est-à-dire après avoir terminé la formation initiale et juste avant d’être déployés en service actif), ces mêmes cadets ont démontré une amélioration de leur santé mentale par rapport aux évaluations préalables à la formation, ainsi qu’un meilleur état de santé mentale que les membres actifs de la GRC. On continue toutefois d’analyser les mécanismes associés à cette amélioration. On s’attendait à ce que les outils d’autosuivi fournis aux participants à l’étude de la GRC durant le programme de formation des cadets (PFC) soutiennent, directement et indirectement, la santé mentale des participants. Les cadets qui ont répondu à un plus grand nombre de sondages mensuels sur les symptômes de trouble de santé mentale autodéclarés, ont démontré une plus grande amélioration, entre avant la formation et le déploiement, des symptômes autodéclarés de trouble d’anxiété généralisée, de trouble de stress post-traumatique et de trouble dépressif caractérisé, mais pas du trouble d’usage de l’alcool ni du trouble panique. L’autosuivi mensuel régulier s’avère un outil facilement accessible, apparemment transdiagnostique, fondé sur des données probantes permettant d’améliorer la santé mentale des cadets de la GRC. Il pourrait être prolongé afin d’améliorer la santé mentale de tous les membres de la GRC et d’autres membres du PSP.
Pourquoi avoir effectué cette étude ?
Dans l’exercice de leurs fonctions, les membres du personnel de la sécurité publique (PSP) sont souvent exposés à des événements potentiellement traumatisants sur le plan psychologique (ÉPTP). L’exposition aux ÉPTP et à d’autres facteurs de stress professionnel qui touchent le PSP sont associés à une prévalence plus élevée de blessures de stress post-traumatique (BSPT), comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT), le trouble dépressif caractérisé (TDC), le trouble d’anxiété généralisée (TAG), le trouble panique (TP), le trouble d’anxiété sociale (TAS) et le trouble de l’usage de l’alcool (TUA). Le taux de prévalence est de cinq fois celui de la population générale du Canada.
L’activité physique a été associée à des baisses modérées des symptômes de troubles de santé mentale, comme le TSPT, le TDC, le TAG, le TP, le TAS ainsi que le TUA. Il y a actuellement peu de recherches qui évaluent le rôle de l’activité physique sur les symptômes de troubles de santé mentale parmi le PSP. La présente étude a été conçue dans le but d’évaluer le lien entre l’activité physique et les symptômes déclarés de troubles de santé mentale des cadets de la GRC, afin de déterminer si l’activité physique pourrait être une intervention ou une addition bénéfique à la formation en santé mentale des cadets, et potentiellement, pour d’autres membres du PSP.
Qu’est-ce que l’étude a accompli ?
La présente étude fait partie d’une plus vaste étude conçue pour évaluer l’impact des compétences enseignées dans le but de mieux protéger les membres de la GRC qui risquent de subir une BSPT. Vous pouvez consulter le sommaire de recherche du protocole de l’étude, déjà publié ici.
L’étude a examiné le lien entre les niveaux d’activité physique et les changements aux symptômes autodéclarés de trouble de santé mentale du début du Programme de formation des cadets (PFC) de la GRC jusqu’à l’obtention de leur diplôme, après 26 semaines. Selon la recherche antérieure, on s’attendait à ce que l’activité physique soit inversement associée aux changements des symptômes de trouble de santé mentale dans le cas des troubles de l’humeur, des troubles anxieux, et des troubles liés aux traumatismes.
L’étude a analysé les données de 394 cadets (76,1 % étant des hommes). Les chercheurs ont examiné les associations entre la moyenne du nombre de calories brûlées par jour, enregistrées sur les montres Apple, et les changements aux symptômes de santé mentale autodéclarés de blessures de stress post-traumatique (BSPT), comme le stress post-traumatique, le trouble dépressif caractérisé, le trouble d’anxiété généralisée, le trouble panique, le trouble d’anxiété sociale, et le trouble de l’usage de l’alcool.
Qu’a-t-on découvert ?
Les cadets qui ont brûlé plus de calories actives par jour en moyenne ont déclaré des baisses plus importantes des symptômes d’anxiété du début à la fin du PFC, ainsi que des baisses plus importantes de leurs symptômes de dépression, de leurs symptômes de trouble de stress post-traumatique, et de leurs symptômes de l’usage de l’alcool. Il n’y avait aucun lien statistiquement important entre les symptômes du trouble panique et l’activité physique, parmi les cadets participants.
Étude d'Origine
Teckchandani, T. A., Shields, R. E., Andrews, K. L., Nisbet, J., Afifi, T. O., Asmundson, G. J. G., Maguire, K. Q., Jamshidi, L., Neary, J. P., Krätzig, G. P., Sauer-Zavala, S., Lix, L. M., Stewart, S. H., & Carleton, R. N. (2025). Monthly mental health self-monitoring and positive changes in mental health disorder symptoms scores among Royal Canadian Mounted Police cadets. International Journal of Cognitive Behavioral Therapy. doi:10.1007/s41811-025-00231-w
La formulation originale de cette étude a été modifiée et abrégée pour le présent sommaire de recherche.
Rédigé par T. Teckchandani
Note : Dans le texte, le genre masculin est utilisé au sens neutre et désigne les femmes autant que les hommes.
